gérald foltête

Mon travail traite principalement de la solitude liée au temps et du tourment, de la poésie et de la mélancolie qui en découlent. Je me rapproche de certains grands artistes, écrivains, musiciens, tels V. Hugo, N.Gogol, F.Dostoïevski, V.Woolf, J.S.Bach, V.Van Gogh etc. en recopiant certains de leurs écrits de façon à mieux pénétrer leurs textes et par la même leurs solitudes et leurs tourments. Je réalise ensuite une œuvre autour de chaque texte. Le but de mon travail n’est pas d’illustrer naïvement ces textes majeurs, mais d’en faire ressortir la puissance par l’utilisation de matières, de textures et de formes. Je m’attarde à recréer des moments qui peuvent générer l’extase, une sorte de mélancolie dans le sens défini par Victor Hugo: ‘‘la mélancolie, c’est le bonheur d’être triste’’. Mon travail est d’expérimenter, de rechercher et de trouver des leviers permettant de comprendre les mécanismes de cette mélancolie et de les transcrire en œuvres d’art. Gérald Foltête Vu par Michel Crance Né à Besançon le 27 mai 1966 dans la région du poète romantique Charles Nodier, du géant Victor Hugo, des grands frères Lumière, Foltête nourrit sa sensibilité dans cette ville, au pied des montagnes arrondies du Jura. Les courbes de niveau des cartes d’état major forgent la mémoire du marcheur, aiguisent sa perception de l’horizon et du plan vertical. La mélancolie blanche et joyeuse des Hautes Alpes le saisit. Les roches se colorent en noir d’ivoire, surgissent de la matière brute. La musique réveille ses sens, le cinéma l’appelle dans ses images mobiles et nourrit le dynamisme de ses créations cinétiques. Foltête a pris son nom au pied de la lettre. Son fol imaginaire s’avance sans idée préconçue. L’hélice du désir le guide dans le déséquilibre de ses compositions emportées dans l’infini de l’espace. Des femmes de belle époque, dans leur nudité stylisée, s’avancent en funambule dans des paysages mystérieux, aériens et maritimes. Foltête, c’est aussi un plasticien du sensible qui calligraphie ses lectures. Les livres de Stephan Zweig, Nicolas Gogol, Virginia Woolf, Richard Brautigan…, se calligraphient en intégral sur des toiles parchemin. La coulure de l’encre sèche, la rature s’impose, la tâche se révèle. L’œuvre picturale donne corps au manuscrit et l’inscrit dans un paysage unifiéé. Une création n’est jamais close tant que le regard, la parole, l’interpellent, la font vivre et se mouvoir. Le riche imaginaire de Foltête vibre à la plus petite injonction, son érotisme aérien est d’une tendre impertinence. C’est en peignant, sculptant, transcrivant que l’artiste Gérald Foltête nous invite au voyage du regard mobile, à la quête de notre intime dans ce cosmos de l’humain. L’artiste nous suggère de dépasser nos limites. Rencontrer ce poète de l’espace-temps, c’est s’aventurer au plus près de notre vibration sincère de l’instant.